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Les 25 & 26 mars prochains, se tiendront une série de marches et rassemblements d'activistes climatique et militant·es environnementaux dans plusieurs grande villes du monde. À cette occasion, nous avons rencontrés deux membres de le branche lyonnaise de Youth For Climate, un mouvement qui compte manifestations, désobéissance civile et désarmement dans sa boite à outil militante.

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Auteurs: Martin Bagnol & David Bola

Crédit Photo: Sarah Leveaux


En amont de la marche du 26 mars, nous avons rencontré à Lyon deux jeunes activistes de Youth for Climate Lyon pour évoquer la stratégie militante du mouvement, et leur réponse politique aux enjeux environnementaux.

Pour commencer, pouvez-vous présenter Youth for Climate et sa branche lyonnaise ?

Le mouvement Youth for Climate, c’est au niveau national (France). Il découle de Fridays for Future, mouvement de niveau mondial créé en 2019 à l’initiative de Greta Thunberg. On a commencé par des marches, puis on s’est diversifié avec différentes tactiques.

On peut aussi bien faire de la désobéissance civile, que de l’action à la craie, ou des dégradations sur des banderoles. Par exemple, les banderoles Place Bellecour qu’on avait déchirées.

On a un principe qui est la diversité des tactiques. C’est l’idée que l’on est face à une urgence qui est telle que toutes les actions, y compris celles qui sortent du cadre légal, à partir du moment où elles n’impliquent aucune violence sur une personne physique, peuvent être légitimes et on peut s’autoriser à les employer. On ne considère pas que c’est vraiment de la violence à partir du moment où il n’y a personne qui est mis en danger physiquement ou moralement par ce qu’on fait. 


Est-ce qu’il y a d’autres outils militants, que vous utilisez ?

On parle aussi de sabotage, de désarmement. Typiquement, on a réalisé une action le 5 mars dernier contre Bayer-Monsanto avec Extinction Rebellion, Les Soulèvements de la Terre et les Faucheurs Volontaires. L’idée, c’était de rentrer sur le site de production de Bayer-Monsanto à Villefranche-sur-Saône pour désarmer le site, c’est à dire détruire les moyens de production pour qu’ils ne soient plus fonctionnels.

Est-ce que vos tactiques ont évolué au fil du temps ? Notez vous une différence avec les débuts du mouvement Youth For Climate ?

On a commencé par des marches, et au fur et à mesure que le monde changeait, on a nous aussi évolué dans notre façon de penser et d’agir. Quand on a vu que les marches ne portaient pas leurs fruits, qu’on ne se faisait pas plus entendre quand on était 15 000 dans la rue que quand on était 1 000, on a cherché à voir si la désobéissance civile marchait. 

On a vraiment acté la diversité des tactiques aux Assises de Grenoble, la réunion nationale du mouvement qu’on a faite en novembre 2019 où on a signé la Charte de Grenoble qui acte toutes nos valeurs au niveau national.

Après ça dépend de chaque groupe local. Les marches, ça ne fonctionne pas. On l’a bien vu. Ça mobilise du monde, mais par derrière, rien ne change et c’est désolant quand 15.000 personnes se sont déplacées. Globalement, Youth For Climate se dirige de plus en plus vers des actions coup de poing. Il y a même certains militants qui vont plus vite que nous dans cette direction et quittent le mouvement pour rejoindre des ZAD, des groupes plus radicaux.

Action Bayer Monsanto 5 Mars 2022 © Sarah Leveaux

Comment est-ce que les actions directes locales permettent de répondre à un enjeu global?  


Si tout le monde se mettait à faire ça, à saboter, boycotter certaines entreprises, on pourrait arriver à quelque chose d’immense. On a pas le temps d’attendre que les autres trucs fonctionnent. Il faut qu’on essaye tout ce que l’on a sous la main.  

C’est aussi une question de visibilité. Quand on fait une action choc, par exemple détruire une grande banderole publicitaire place Bellecour, c’est déjà visible. C’est un impact direct parce que cette publicité pour le SUV n’est plus là, et puis ça permet de faire parler beaucoup plus que n’importe quelle autre action qu’on aurait pu faire. Là dessus, ça a une certaine efficacité.

On ne peut pas se contenter de ce mode d’action où l’on convainc les gens de changer de système doucement. On est obligés aussi de rentrer dans quelque chose de plus offensif, parce que l’on n’a pas le temps. Il y a des gens qui en meurent maintenant. 


Comment est-ce que vous mesurez l’efficacité d’une action ? Comment est ce qu’on sait quand c’est un succès ?

Déjà, dans la portée médiatique. Les marches sont souvent très peu relayées dans la presse. On a très peu de demandes de presse, on doit aller chercher la presse. Les actions de sabotage font plus parler d’elles, parce que plus de gens vont s’insurger dans les médias.

Au-delà de ça, les actions de sabotage peuvent aussi avoir un impact concret sur les choses qu’on va empêcher. Typiquement l’action qu’on a faite à Bayer-Monsanto la semaine dernière. Même si on n’a pas réussi à faire tout ce qu’on voulait, c’est à dire désarmer le site, le simple fait d’avoir des militants qui entrent sur la zone du site les a obligés à arrêter la production comme c’est un site Seveso (ndlr. site industriel présentant des risques d’accident majeur).

On a eu un impact, parce qu’on a bloqué la production de produits biocides pendant un certain temps. C’est déjà une petite victoire parce que ça veut dire qu’il y a moins de substances nauséabondes de produites.

Une action comme celle-là demande de la coordination, de la préparation et de la formation. Quand il y a un risque d’arrestation par la police, organisez-vous des temps de formation en interne au préalable ?

Les risques qu’impliquent l’action font varier nos moyens de la préparer. Une action très consensuelle et très légale va être préparée de manière ouverte, en faisant des réunions avec tout le monde. On peut en parler sur notre serveur Discord, même avec des gens qui ne militent pas avec nous depuis longtemps. 

Par contre, quand on prépare une action de désobéissance civile, on pose un cadre plus sécurisé où l’action est organisée par un groupe restreint de personnes. Les lieux de l’action ne sont pas divulgués à l’avance, et les militants sont prévenus au dernier moment, d’une part pour protéger les gens qui organisent l’action, parce qu’ils encourent des risques juridiques plus importants que les simples participants, mais aussi pour éviter que les forces de l’ordre soient présentes sur place avant le début de l’action. Parce que les RT (ndlr. Renseignements Territoriaux) essayent de repérer où vont se tenir les actions.

Action Bayer Monsanto 5 Mars 2022 © Sarah Leveaux

Le mouvement est composé de personnes assez jeunes. Où avez-vous appris ces techniques et ces précautions ? Est-ce qu’il y a des personnes plus expérimentées qui vous conseillent ? 

C’est une évolution globale. Il y a des personnes qui viennent d’autres mouvements. On est souvent avec Extinction Rebellion, donc on prend modèle sur eux, mais on avait aussi nos propres méthodes. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend. C’est comme ça qu’on évolue.

Pour savoir les risques juridiques qu’on encourt, il y a une équipe juridique qui s’occupe de se renseigner sur ce qu’on risque. On est en contact avec la Caisse de Solidarité, qui est une association dont le rôle est de faire du soutien juridique pour les militants. Elle nous aide à trouver des avocats si besoin, à préparer notre défense, à préparer ce qu’on appelle la base arrière juridique pendant une action. Ce sont des gens qui sont prêts à nous aider en envoyant des avocats en cas de problème. 

Et puis il y a des formations au préalable des actions. On briefe tout le monde sur la tactique à adopter, et sur les risques qu’ils encourent s’ils finissent en en garde à vue ou s’ils sont condamnés.

Est-ce que ces temps de formation facilitent les rapports avec les forces de l’ordre lors des actions ?

Ça dépend de l’action. Quand on fait une action assez consensuelle, généralement, ça se passe bien. Parfois, même les flics se demandent pourquoi ils sont en train de nous arrêter. Mais quand on est face à des flics assez tendus, qui souvent sont assez borderline dans ce qu’ils font, le fait d’être formés nous protège. Connaître ses droits, c’est hyper important, mais ça facilite pas forcément le rapport avec eux.  

Pré-Covid, on sentait un fort engouement autour des marches climat. Et puis, après il y a eu le confinement. Comment faire pour relancer la machine, après cette perte de vitesse ? Comment recentrer l’intérêt médiatique autour des enjeux climatiques ? 

Déjà avant le Covid, l’intérêt médiatique n’était pas vraiment là. Seulement un petit pourcentage de l’espace médiatique est consacré médias parlent régulièrement d’écologie, c’est désastreux. Pour relancer la dynamique, il y a cette marche du 26 mars qu’on veut comme un tremplin, pour remobiliser le monde et leur proposer un après-manifestation avec différents ateliers, etc. 

C’est une question qui est extrêmement compliquée. Si on avait la réponse, on serait sur le devant de la scène médiatique et on aurait déjà gagné. C’est la grosse question qui nous mobilise beaucoup en ce moment. “Comment est-ce qu’on arrive à recréer une dynamique qu’on a perdu depuis le Covid ?” On n’a pas forcément de solution miracle, mais on essaye les idées qui nous passent par la tête.

En 2018-2019, sur les premières marches, on était 15 000 dans les rues de Lyon. Maintenant, on fait 6 000 personnes comme à la dernière marche “Look Up” (ndlr. le 12 mars 2022 à Lyon). On voit qu’il y a un désintérêt pour la question climatique. C’est malheureux parce que c’est le moment, c’est maintenant qu’il faut agir et faire pression sur les politiques.

La manifestation “Look Up” naît d’un symbole culturel (le film “Don’t Look Up) qui a réussi à rallier des gens. A-t-on besoin de symboles culturels forts pour faire adhérer un grand nombre de personnes rapidement ? Sentez-vous que des gens vous rejoignent après avoir été en contact avec un objet culturel qui les a sensibilisés à la crise climatique ?

La crise climatique, en France, on en ressent les effets avec les canicules, mais on n’est pas directement touchés directement. On n’a pas la question de l’eau potable, etc. Donc tout est bon à prendre, notamment les films qu’on peut voir et qui nous font réagir.

L’objet culturel pourrait avoir une importance énorme en proposant un autre imaginaire, proposer une alternative au modèle actuel. On nous dit que le monde va devenir tout technologique, industriel, et en constante croissance économique. Comment est ce qu’on peut proposer aussi par les arts, par la culture, un récit alternatif ? Comment est ce qu’on peut présenter une alternative à ce modèle capitaliste dont on ne veut pas ?

Action Bayer Monsanto 5 Mars 2022 @ We are Europe
Action Bayer Monsanto 5 Mars 2022 © Youth For Climate

Pensez-vous qu’un changement est nécessaire dans ce qui doit être socialement valorisé, ou au contraire, dénigré ? Par exemple des vacances à Dubaï…

Si c’était socialement pas cool, ça voudrait dire qu’il y a déjà eu un changement dans les mentalités. Et c’est ça qu’on vise, changer les mentalités. 

La pression sociale peut en avoir une certaine efficacité. Le flygskam (ndlr. Terme suédois désignant la honte de prendre l’avion) en Suède a fait réduire le nombre de gens qui prennent l’avion. Après, notre vision de la lutte est aussi beaucoup plus systémique. Ce n’est pas que les actions individuelles qui vont nous permettre de changer les choses. Le cas du vol pour des vacances à Dubaï, ça ne concerne qu’une infime minorité, et cette minorité là, il faut qu’elle s’arrête.

Après, on est prudents sur le fait de pas culpabiliser les gens qui n’ont parfois pas d’autre choix que d’aller dans des supermarchés et d’acheter des produits polluants. On a pas une volonté de culpabiliser les gens qui ont besoin de polluer pour vivre dans le système actuel. C’est un point sur lequel il faut qu’on fasse attention, ne pas culpabiliser les gens qui n’ont pas le choix.

Êtes-vous en contact avec des militants à l’étranger ? Vous en inspirez-vous ?

On est globalement bien en contact avec les réseaux mondiaux sur les différentes actions, et notamment avec les Européens. Par exemple, il y avait des militants suisses lors de l’action contre Bayer-Monsanto. Et puis, en tant que membres de Fridays For Future, on est en contact avec des militants venant du monde entier. D’ailleurs, les dates du 25 et 26 mars 2022 sont mondiales, tous les Youth For Climate & Fridays For Future des différents pays vont se mobiliser au même moment.

Quand on essaye de diversifier nos tactiques, toutes les idées sont bonnes à prendre. On peut regarder ce que les autres font, comment ils le font et si ça marche. 

Le dernier rapport du GIEC mentionne pour la première fois le mot décroissance. Est-ce un terme que vous reprenez ? Comment décidez-vous en interne du programme de YFC et des termes que vous employez ? 

Les différents membres de groupes locaux se sont réunis à Grenoble pour écrire la Charte de Grenoble. On était plus d’une centaine de personnes venues de toute la France à débattre pendant une semaine sur les termes à adopter. Chaque mot a été étudié. 

Et sinon, Youth For Climate France regroupe plusieurs groupes locaux de France pour qu’ils se posent ces questions et débattent sur certains sujets qui ne font pas consensus au sein du mouvement. On peut aussi débattre au sein des groupes locaux, parce qu’on est assez indépendants. Chaque groupe local peut avoir une vision différente du problème. 

Les actions sont vraiment organisées par les groupes locaux. Youth For Climate France ne donne que des orientations très générales, ce n’est pas du tout un groupe décisionnaire. C’est un rassemblement de tous les groupes locaux qui se mettent d’accord sur des valeurs communes, mais qui restent indépendants. Le national peut aider les groupes locaux qui ont du mal, en leur donnant des techniques par exemple.  

Les groupes locaux ont des enjeux territoriaux, des zones à défendre, et des capacités de mobilisation très différentes. Est-ce qu’il y a des enjeux purement lyonnais ?

Oui, il y a Béton Lyonnais, par exemple, qui est une entreprise complètement désastreuse en termes social et écologique, parce que son activité de production pollue la zone rapprochée du captage d’eau de La Rubina à Décines-Charpieu. En plus de ça, il y a des gros problèmes avec les riverains. On est mobilisé avec d’autres organisations Lyonnaises contre cette entreprise, ça fait des années qu’on lutte contre ça.

On est aussi mobilisés contre un projet d’entrepôt Amazon titanesque sur la zone de l’aéroport Saint-Exupéry, avec une volonté d’utiliser des avions pour amener encore plus vite les produits Amazon partout en France ou même les redistribuer en Allemagne. Mais la mobilisation est en attente parce qu’il y a un recours administratif qui a été déposé par plusieurs associations. 

Si elle est interdite, c’est tant mieux. On va rester vigilants à ce qu’Amazon ne dépose pas un autre projet. Et si le projet est accepté, on va se mobiliser pour essayer de bloquer sa construction.

Action Bayer Monsanto 5 Mars 2022 © Youth For Climate

Le 12 avril prochain, c’est le premier tour de l’élection présidentielle en France. La question écologique est pratiquement absente des débats. Comment expliquez-vous ce manque d’engagement de la classe politique pour ce sujet ? 

Ça dérange énormément de politiques de parler de ça parce que ça remet en cause notre système actuel. Qu’il y ait la guerre en Ukraine ou pas, ça ne changerait pas, je pense, au sein des débats politiques, en tout cas.

La question climatique, comme la question sociale d’ailleurs, sont très absentes. Mis à part parler d’immigration et de sécurité, on ne parle pas de grand chose pendant ces débats. La question climatique était déjà très peu présente avant la crise en Ukraine, elle l’est encore moins maintenant. 

La question climatique est quand même parfois abordée dans les médias… mais comment faire pour combattre les fausses ou mauvaises solutions proposées ?  

Il faut écouter les scientifiques, c’est ce qui manque beaucoup. C’est tout le problème de la chose. Le dernier rapport du GIEC n’a eu aucune couverture médiatique, c’est désastreux.

Les politiques ne parlent pas du tout des choses importantes. Quand on les écoute parler, ils font de la communication. Il manque vraiment de leur opposer des scientifiques plutôt que des journalistes, qui sont très généralistes et ne peuvent pas être experts sur tout. Il faudrait les mettre face à des scientifiques qui soient capables de les corriger. 

Au-delà de ça, le problème est plus profond. Le système électoraliste, c’est un concours de communication, donc les idées qui sont proposées sont de la communication. La personne qui est élue n’est pas forcément celle qui a le meilleur programme, mais celle qui fait la meilleure com.

Même dans l’hypothèse où quelqu’un de très bien arriverait au pouvoir, il y a tellement de verrous institutionnels, politiques ou mis en place par les lobbies que le système est complètement bloqué. On n’envisage pas les élections comme le moyen de faire bouger les choses.

De manière générale, le système d’une élection, où on élit quelqu’un qui va décider de tout pendant 5 ans, c’est quelque chose qu’on ne défend pas. On veut une démocratie participative. On avait soutenu la Convention citoyenne pour le climat, sur le principe, c’était quelque chose de très bien et qui a été finalement saccagé par Emmanuel Macron.

On entend souvent que « si on laisse les gens décider, ils ne voudront pas de l’écologie, car les gens, ils veulent pouvoir continuer de vivre comme maintenant et se foutent de l’écologie. Si on laissait le pouvoir aux gens, ils feraient n’importe quoi. » 

Avec la Convention Citoyenne pour le Climat, on a vu que que les 150 citoyens tirés au sort, quand on les aide avec des scientifiques qui connaissent les sujets et qu’on leur laisse le temps de débattre, de réfléchir, et bien ils arrivent à des propositions qui sont 10 fois plus ambitieuses que tout ce qu’ont produit les politiques depuis depuis des décennies.

On vit déjà les conséquences de la crise climatique. Dérèglements et phénomènes inédits interviennent de plus en plus souvent, et à différents endroits du globe. Que manque-t-il pour déclencher un déclic qui ferait de la crise climatique une priorité chez la majorité de la population ? 

Le changement ne vient pas d’une majorité, il vient toujours d’une minorité, si déjà cela peut faire réagir quelques personnes parmi toute cette masse de population, c’est déjà pas mal. Tout est bon à prendre.

La notion de déclic est assez floue. Au niveau d’une population, c’est difficile de parler d’un déclic, d’un moment où tout le monde s’aperçoit du problème. Et puis il y a des gens qui sont conscients et qui n’agissent pas. Typiquement si l’on reparle des politiques. Eux sont informés par des scientifiques qui leur disent ce qu’il en est. Alors est-ce qu’ils pensent que la crise environnementale n’est pas si grave ? Ou alors peut-être pensent-ils que leurs solutions sont les meilleures…

Même quand des personnes prennent conscience du problème, elles peuvent toujours être séduites par des discours de croissance verte, qui expliquent que l’on peut continuer comme avant en ajoutant des technologies vertes ici et là. Les discours qui rappellent la nécessité d’un changement de modèle plus profond sont moins audibles. 

Youth For Climate inclus également une dimension sociale dans son activisme. À quel endroit se rejoignent les enjeux sociaux et environnementaux ?

Lorsque l’on voit que 63 milliardaires français émettent autant de CO2 que la moitié de la population française, on comprend que les questions climatiques et les questions d’inégalités sont intrinsèquement liées et qu’il faut les combattre ensemble.On ne veut pas d’une écologie bourgeoise qui maintient ces inégalités, voire qui les accentue en tapant sur les plus précaires pour solutionner le problème alors que les plus riches sont les plus responsables.

Le problème est global. Comment est-ce qu’on détruit cette capacité gigantesque à polluer qu’ont les plus riches ? On dit souvent qu’on est dans le même bateau, mais dans ce bateau certains sont en première classe et d’autres sont dans l’entrepont. Ils seront beaucoup moins responsables quand le bateau coulera, et auront moins facilement accès aux canots de sauvetage. 

Au sein de Youth For Climate, on est complètement horizontaux, on n’a aucun leader, aucun chef, aucune personne qui dirige, aucun porte parole, rien. On veut ce modèle là pour toute la société. Il n’y aura pas de justice climatique sans justice sociale. Et inversement.

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À propos des auteurs

Martin Bagnol est stagiaire chez We are Europe, et co-fondateur de Soundsystems Radio, webradio franco-anglaise.

David Bola est éditeur de contenu à We are Europe. Il a travaillé par le passé à Radio Nova en tant que journaliste freelance et tient une résidence mensuelle sur les ondes Piñata Radio avec Ludotek, une émission qui s’intéresse à la musique de jeux vidéos. 

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